Nous n'avons ni beaux vêtements ni belles attitudes ni même belle forme.
Nous allons, nus comme des soleils glorieux, et nous tentons d'aimer.

mardi 10 décembre 2019

Time is a cell


Je ne crois pas que les amours soient des histoires.

Je ne crois pas qu'ils commencent, qu'ils s'arrêtent, ni même qu'ils évoluent.

Je ne crois pas qu'ils durent.

Je crois qu'ils ne sont qu'un seul et éternel moment, où tout est intégralement dit d'un seul coup, et que le reste, c'est simplement le temps qu'on met à comprendre.

J'ai oublié plein de choses, plein de gens, mais je n'ai pas oublié un seul de mes amours, et ça ne peut pas arriver.

Pourtant, à chacun, j'étais quelqu'un de différent, dans une époque différente de ma vie.

Ils ont duré une semaine ou des années, ils ont été vécus dans la chair ou à distance, ils ont été rendus ou simplement donnés, parfois perdus.

A chaque fois que je repense à l'un ou l'autre, j'y suis aussitôt entièrement présent, et je ne ressens pas de rupture entre le moi d'aujourd'hui et le moi de cet amour-là.

Pourtant, ces amours passés n'ont pas de sens pour moi aujourd'hui : telle que j'ai aimée, je n'aurais rien à lui dire désormais.

Ils m'ont changé - tous. Pas un qui n'ait laissé en moi sa petite empreinte, sa transformation intime.

Pourtant, certains n'étaient vraiment que des malentendus ou des moments d'égarement.

Mais même ces erreurs étaient de profondes vérités : il m'est impossible de renier un seul de mes amours sans me renier totalement.

Je crois que les amours ne se terminent jamais, qu'ils ne commencent jamais.

Je crois qu'ils sont là depuis toujours et infiniment, comme des diamants sous la terre, et que nous leur donnons une histoire en les découvrant.

Je crois que tout le dur de l'amour vient de là : de ce fragment éternel qui nous hante et que nous tentons vainement d'enfermer dans le temps.

Sa merveilleuse tendresse est celle des trouvailles partagées, comme au fond des bois à l'enfance, la cabane abandonnée.



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