Nous n'avons ni beaux vêtements ni belles attitudes ni même belle forme.
Nous allons, nus comme des soleils glorieux, et nous tentons d'aimer.

mardi 15 mars 2016

Le drôle de chien


Je me suis aperçu par la suite que je n'avais absolument rien compris à ce qu'il m'expliquait, qu'en fait je n'avais même pas écouté, et c'était bien dommage, parce que c'était utile, ce qu'il m'expliquait.

Je me suis demandé à quel moment j'avais déconnecté, perdu le fil, qu'est-ce qui s'était passé pour que j'entre en mode automatique et que toutes les informations qu'il me donnait se mettent soudain à glisser sur mon esprit comme l'eau sur du verre.

Pendant quelques instants, considérant l'emplacement où devaient se trouver les renseignements donnés et où il n'y avait qu'un trou noir, j'ai cherché par quel processus j'avais pu disposer mon esprit à recevoir, et ne pas le faire.

Et puis j'ai compris qu'en fait, pendant qu'il me parlait, j'avais simplement regardé le drôle de chien, que c'était tout ce que j'avais fait : regarder le drôle de chien.

Regarder le drôle de chien s'était avéré tellement plus intéressant que les renseignements obtenus, aussi utiles soient-ils, n'avaient pas eu la moindre chance dans la lutte pour mon attention.

J'avais accompli la tâche de demander le renseignement, mais le renseignement ressemblait à tous les autres renseignements, il avait exactement la même tête que tous les renseignements de la même sorte que j'avais déjà obtenus à de multiples reprises dans ma vie, ce n'était pas du tout un drôle de renseignement, contrairement au drôle de chien, qui lui n'avait la tête d'aucun autre chien déjà croisé.

Acceptant la fatalité de ma vie qui fait de moi celui qui constamment regarde le drôle de chien plutôt que d'écouter les renseignements qu'on lui donne, je suis retourné demander les renseignements.

Le drôle de chien n'était plus là, et les renseignements se sont cette fois inscrits dans ma matière mentale.

Une fois leur utilité évaporée, j'ai très vite oublié les renseignements, mais je me souviens toujours du drôle de chien.



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