Nous n'avons ni beaux vêtements ni belles attitudes ni même belle forme.
Nous allons, nus comme des soleils glorieux, et nous tentons d'aimer.

lundi 6 octobre 2014

Fast théorie du désir

Les fantasmes sont comme les rêves : ils sont faits d'un langage crypté, un assemblage de symboles tramés par l'inconscient, destiné à donner une forme explicite, un mode de réalisation possible, une expression communicable à notre désir.

Je dis "notre" parce que le désir est unique. Ce sont les formes par lesquelles il peut s'exprimer qui sont variées, et peut-être infinies.

Le désir est unique et ne connaît pas les mots.
Il est la mer qui bat dans la grotte au pied des falaises, il est le feulement sourd du félin étendu queue battante dans l'herbe, il est la pluie lourde et grasse qui s'abat sur la terre à la fin d'un été de sècheresse, il est la rosée brillante que nul n'a vu se déposer.
Le désir meut.

Chacun en porte la charge, car le désir doit s'exprimer. Il faut constamment lui donner une forme, trouver l'action qui le fera exister. Chacun doit répondre à cette demande du désir pour soi-même.

Cette forme n'est pas nécessairement sexuelle, puisque l'oeuvre humaine repose sur la sublimation, mais une part du désir doit toujours trouver une forme sexuelle. Le désir ne peut être entièrement sublimé, et je pense qu'il vaut mieux pas qu'il le soit, d'ailleurs.

Le plus difficile, avec le désir, c'est de lui trouver une forme qui lui convienne, parce que le désir ne s'explique pas sur lui-même. Il faut donc le comprendre, et pour le comprendre, comme avec un enfant qui ne sait pas parler, il faut tenter différentes choses avant de trouver celles qu'il veut. C'est dans l'expérience, qu'on trouve la forme de son désir.

Ce qui permet de comprendre pourquoi pas de sexe avant le mariage est une mauvaise idée (s'il y avait besoin de cette raison-là).

Que peut-on savoir à vingt ans de son désir ? Rien d'autre que la forme sociale commune de la culture dans laquelle on est né.

Vivre, mûrir, c'est s'approprier son désir, créer sa propre culture du désir. Et pour cela, il faut écouter le désir, être attentif à ses indications, à son mouvement interne. C'est ainsi que nous créons notre façon personnelle de faire parler le désir, qu'un geste de désir devient notre geste de désir.

Les fantasmes sont comme les rêves : un discours secret du désir à son dépositaire.


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